Maurice et Marie Jo
Les vies vraies derrière la pièce

A l’abri des gouttes de pluie s’appuie sur une histoire vraie. Celle de Maurice et Marie Jo, les arrière-grands-parents de l’autrice. Deux jeunes gens séparés par la guerre, reliés par plus de deux cents lettres, conservées, cachées, et redécouvertes des décennies plus tard. Cette page rend hommage à leurs parcours et présente les documents authentiques qui ont inspiré la pièce.

Marie-Jo, une résistante de l’ombre

Alors que son mari était détenu dans le camp de Rawa-Ruska, elle vivait à Paris sous l’Occupation, confrontée chaque jour à la peur, à la pénurie, au silence. Mais au lieu de se résigner, elle a choisi de résister. Elle transportait des armes et des messages dissimulés dans les sacoches de son vélo, circulant à travers la ville avec une détermination discrète mais inébranlable. Membre d’un réseau de résistance, elle participait à ces petits actes qui, mis bout à bout, ont contribué à changer le cours de l’Histoire. 

Elle écrira à Maurice sans relâche plus d’un centaine de lettres, sans se décourager même lorsque les nouvelles n’arrivaient pas.

Maurice, l’évadé infatigable

Le parcours militaire de Maurice – Sept évasions 

Maurice Schwarz est mobilisé en septembre 1939, affecté au 6e puis au 22e Régiment de Tirailleurs Algériens. Fait prisonnier à Nevers en juin 1940, il est envoyé en Allemagne. S’ensuit un incroyable parcours marqué par sept évasionssuccessives depuis différents camps et commandos de travail allemands.

  • 1re évasion : décembre 1940, à Bookenheim. Repris, il est transféré à Altengrabow.

  • 2e évasion : juin 1941, depuis Helmstedt. Repris à nouveau.

  • 3e évasion : novembre 1941, toujours depuis Altengrabow.

  • 4e évasion : après seulement 48 heures dans les mines de sel de Witmar.

  • 5e évasion : depuis l’infirmerie de Wissmar, après une mutilation volontaire pour y être admis.

  • 6e évasion : début 1943, à bord d’un bateau suédois (l’Elfrid) depuis Wissmar. Repris en mer.

  • 7e évasion : en avril 1945, il s’enfuit d’un camp allemand alors qu’il est condamné à mort, et rejoint les Américains pour combattre à leurs côtés.

En mai 1944, Maurice s’engage dans la Résistance au sein du groupe « Mulhouse », actif en territoire allemand. Il sera prisonnier jusqu’en mai 1945, puis démobilisé peu après.

Le camp de Rawa Ruska

Camp de représailles nazi, Rawa-Ruska est l’un des lieux les plus méconnus et les plus terribles du système de détention allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Maurice y a été emprisonné plusieurs mois, comme des milliers d’autres prisonniers considérés comme irréductibles ou dangereux.

Le camp de Rawa-Ruska, situé en Galicie (actuelle Ukraine), a été établi par les autorités nazies pendant la Seconde Guerre mondiale comme un camp de représailles pour les prisonniers de guerre, principalement français et belges, ayant tenté de s’évader ou refusé de collaborer.

Créé en avril 1942, ce camp, connu sous le nom de Stalag 325, était destiné à punir les prisonniers considérés comme « irrécupérables » par l’occupant allemand. Les conditions de détention à Rawa-Ruska étaient particulièrement inhumaines. Les prisonniers souffraient de malnutrition sévère, de conditions sanitaires déplorables et de violences physiques. 

Le camp était surnommé par Winston Churchill le « camp de la goutte d’eau et de la mort lente », en raison de l’extrême rareté de l’eau potable, avec un seul robinet pour des milliers de détenus. Avant d’accueillir des prisonniers français et belges, le camp avait déjà été le lieu de détention de plus de 18 000 prisonniers de guerre soviétiques entre juillet 1941 et avril 1942, dont la majorité périrent en raison des conditions extrêmes.

Aujourd’hui, Rawa-Ruska est un lieu de mémoire, rappelant les souffrances endurées par les prisonniers de guerre et l’importance de préserver l’histoire de ces événements tragiques.

Objets de mémoire

 

Telma Jousset a retrouvé différents objets ayant appartenu à son arrière-grand-père qu’il a notamment fabriqué ou gravé pendant qu’il était prisonnier.