A l’abri des gouttes de pluie
Une pièce de Telma Jousset
Nous sommes à Paris en 1936. Maurice, joueur de poker et retardataire invétéré passe son temps au bar avec la belle Alice ou dans la boutique de parapluies de Tante Charlotte, la femme qui l’a élevé.
Son quotidien est rythmé par les parties de cartes avec Paul, ouvrier à l’usine et ses rendez-vous dans le parc de la rue des Peupliers avec Marie Jo… son amie de toujours.
Emporté par le tourbillon de la vie parisienne, ce petit monde navigue entre déception amoureuse, découverte sentimentale, réminiscence du passé et rupture amicale sans prêter attention à l’orage qui gronde…
Les heures ensoleillées laissent place aux jours de pluie et bien vite nous sommes en 1939. La guerre est déclarée. Maurice est envoyé en Allemagne. Tout semble sur le point de s’écrouler. Heureusement, il y a les lettres…
Une pièce inspirée d’une histoire vraie,
l’histoire des arrières-grands-parents
de Telma Jousset
Une incroyable
découverte…
J’ai trouvé dans le grenier de la maison familiale une mallette pleine de lettres. Les lettres d’amour de mes arrières-grands-parents échangées pendant la seconde guerre mondiale.
Ces mots ont résonné et ont déclenché chez moi une euphorie comparable à celle provoquée par la découverte d’un trésor inestimable.
Tout ce que je trouvais me semblait trop beau ou invraisemblable. Tout droit sorti d’un roman. Chaque photo, carte, billet me mettait sur la piste d’une autre découverte plus fabuleuse encore. C’était devenu presque trop, je ne pouvais pas tout garder pour moi. Il fallait l’offrir.
Note d’intention
À l’origine, j’avais envie d’écrire une pièce sur l’amour. Pourtant, je ne me sentais pas légitime. J’avais cette petite voix qui me disait « à 22 ans, on n’y connaît rien ». Cependant, je ne pouvais m’empêcher de me demander : où sont passées les belles histoires ? Les contes de fées, les romans et les films qui ont fait de nous des romantiques à l’imagination débordante et aux attentes démesurées. Le passage à l’âge adulte et la rencontre avec la réalité sont souvent pleins de désillusions que j’avais, moi, envie de contourner. Et puis j’ai trouvé dans le grenier de la maison familiale une mallette pleine de lettres. Les lettres d’amour de mes arrières-grands-parents échangées pendant la seconde guerre mondiale. J’avais trouvé mon matériau pour parler d’amour. La découverte de cette correspondance a été le déclencheur du travail d’écriture. Les recherches que j’ai entreprises dans les archives familiales et auprès de différents organismes ont nourri mon imaginaire et mon envie de raconter cette histoire.
J’ai décidé qu’une partie de la pièce serait composée des lettres de mes arrière-grands-parents, et seulement cela. Partager leur amour au monde. Sans changer leurs mots. Des mots de quatre-vingts ans. Ces lettres nous plongent dans l’une des mille petites histoires oubliées au profit de la grande. Cela n’est pas seulement une belle histoire, c’est une histoire vraie. Celle d’un amour qui surmonte tout : la guerre, l’éloignement, l’enfermement. Un amour pour lequel on prend tous les risques…
Telma Jousset – Auteure
Entretien avec Telma Jousset
Comment avez-vous fait pour choisir les lettres ?
Trier près de deux cents lettres, quatre ans de correspondance pour ne garder que quelques pages n’a pas été aisé. Bien sûr, mon choix s’est d’abord porté sur les jolis mots que mes arrière-grands-parents avaient l’un pour l’autre ; témoignage d’un amour sincère et durable malgré le contexte difficile. J’ai sélectionné et religieusement gardé mes passages préférés, ceux qui, je le crois, trouveront le plus vite un chemin vers le cœur du public. En parallèle de cela, j’ai choisi de me concentrer sur les lettres intéressantes d’un point de vue historique, celles qui nous donnent des informations sur la vie de prisonnier à l’intérieur d’un camp pendant la seconde guerre mondiale. Celles dans lesquelles Maurice se livre et partage son état d’esprit, ses espoirs, ses peurs. La sincérité de mon arrière-grand-père et son style d’écriture étrangement contemporain permet une proximité toute particulière avec celui qui lit ou reçoit ses mots.
Dans un contexte de fiction à partir de personnages réels pourquoi avez-vous inventé le personnage de Paul ?
J’ai eu envie de comprendre le parcours de mon arrière grand père, sa vie, le Paris dans lequel il a grandi, les hommes et les femmes de son temps et les raisons qui ont poussé tant de ces mêmes personnes à se taire en 1939. J’ai voulu faire parler cette majorité silencieuse au début du conflit. Ceux qui n’ont pas vu ou n’ont pas voulu voir. Ceux qui, par désespoir, ont écouté les discours haineux désignant un peuple comme seul responsable de leur malheur. Le personnage de Paul dans la pièce est le seul à avoir été créé de toutes pièces.
C’est un ouvrier au début de l’histoire. Un homme simple à qui chacun peut s’identifier et qui, au fur et à mesure du récit, se laisse convaincre par des idées racistes et xénophobes. Je voulais montrer la facilité avec laquelle nous pouvons nous laisser influencer et basculer si les conditions sont réunies. Alors qu’on observe aujourd’hui une montée fulgurante des extrêmes assorties de discours tels que le fameux « on n’a jamais essayé », il me semblait important de rappeler que si, nous avons déjà essayé ! Et cela avait commencé exactement de la même manière… Je voulais, sans être alarmiste, pousser le spectateur (en particulier les plus jeunes) à se poser la question suivante : Et moi, qu’aurais-je fait ?
Dans un contexte de fiction à partir de personnages réels pourquoi avez-vous inventé le personnage de Paul ?
J’ai eu envie de comprendre le parcours de mon arrière grand père, sa vie, le Paris dans lequel il a grandi, les hommes et les femmes de son temps et les raisons qui ont poussé tant de ces mêmes personnes à se taire en 1939. J’ai voulu faire parler cette majorité silencieuse au début du conflit. Ceux qui n’ont pas vu ou n’ont pas voulu voir. Ceux qui, par désespoir, ont écouté les discours haineux désignant un peuple comme seul responsable de leur malheur. Le personnage de Paul dans la pièce est le seul à avoir été créé de toutes pièces.
C’est un ouvrier au début de l’histoire. Un homme simple à qui chacun peut s’identifier et qui, au fur et à mesure du récit, se laisse convaincre par des idées racistes et xénophobes. Je voulais montrer la facilité avec laquelle nous pouvons nous laisser influencer et basculer si les conditions sont réunies. Alors qu’on observe aujourd’hui une montée fulgurante des extrêmes assorties de discours tels que le fameux « on n’a jamais essayé », il me semblait important de rappeler que si, nous avons déjà essayé ! Et cela avait commencé exactement de la même manière… Je voulais, sans être alarmiste, pousser le spectateur (en particulier les plus jeunes) à se poser la question suivante : Et moi, qu’aurais-je fait ?
Ce qu’ils en pensent…
Un très joli moment passé en compagnie de ces personnages pris dans la tourmente de la guerre. Une mise en scène riche, qui nous tient en haleine et de jeunes comédiens très doués, avec de belles présences et des émotions à fleur de peau... Bravo à l'autrice, également comédienne, pour cette pièce magnifique ! Courez-y vite !
– Victoire
Un immense merci pour ce fabuleux voyage. Nous rentrons dans l'intimité émouvante d'un jeune couple à l'aube de la seconde guerre. Transportée, on en sort le coeur rempli. Un merveilleux jeux d'acteur.trice, qui nous mène du rire aux larmes, une écriture douce et vibrante, je ne peux que recommander !
– Anaïs
Un très beau spectacle que cette touchante véritable histoire d’amour durant la grande histoire, avec de très bons jeunes comédiens et une mise en scène inventive. Bravo
– Théâtre Darius Milhaud – Place minute
Une pièce dont le contexte résonne aujourd'hui, des comédiens talentueux dont le jeu déborde d'émotions, une mise en scène riche et inventive, pleine de poësie. Ces amoureux séparés par la guerre nous entrainent dans leur fougue et leur jeunesse, et nous communiquent leur fraicheur ! Bravo à l'auteur et à la troupe !
– Anne
Fiche technique

Equipe
4 comédiens

Durée
1h15

Aspects techniques
- Temps d’installation : 1h
- Temps de démontage : 1h
- Spectacle en frontal, ouverture de 120° maximum

Besoins plateau*
- Minimum 5m x 4m
- Coulisses de chaque coté
(avec pendrillons si possible) - Hauteur : minimum 2,50m
- Lumières et projecteurs
- Sono

Matériel apporté par la compagnie
- 2 paravents de 1,50m ou 3m en fonction de la taille du lieu
- meuble sur roulettes de 1m30
- éléments de décor (lampadaire, assises …)
* Nous décrivons ici les conditions idéales pour le spectacle mais nous avons la capacité de nous adapter à vos moyens, notamment pour les établissements scolaires ou médiathèques. Contactez-nous pour en discuter.